Former plus et mieux

Accueil

Former plus et mieux

Former plus et mieux

Former plus et mieux et à tous niveaux aux sciences de l’eau

Sur le sujet de l’éducation, nous estimons nécessaire de concevoir et coordonner un effort novateur en matière d’éducation et de transmission de la connaissance et des savoirs, au profit notamment des acteurs locaux.

Depuis la fin de l’époque coloniale et jusqu’à très récemment, les experts « eaux souterraines » intervenant dans le Sahel restent principalement des experts occidentaux , et ce bien que de très nombreux étudiants des pays du Sahel aient été formés à l’hydrogéologie des zones arides en particulier.
Il convient donc de s’interroger sur les actions actuelles et futures à conduire pour apporter une formation appliquée et pertinente visant à renforcer les capacités des services nationaux et des administrations dans le domaine de la connaissance de la ressource en eau souterraine, de sa protection et de sa gestion.

 

À ce titre, sans doute conviendrait-il de s’intéresser au suivi des étudiants sahéliens en hydrogéologie intégrant les universités européennes, par exemple, via un tuteur qui leur assurerait une place dans les principaux bureaux d’étude en Europe, au cours de leurs premières années d’expérience professionnelle. Cette solution leur permettrait alors de construire un réseau de pairs techniques et d’acquérir une expérience de niveau international avant d’intervenir, par exemple, dans l’administration de leur pays d’origine. L’élévation du niveau technique des acteurs locaux permettrait aussi de garantir un bon niveau d’appropriation par les bénéficiaires des solutions techniques mises en place et des modalités de gouvernance agréées. En parallèle, il pourrait être proposé de soutenir les formations en hydrogéologie dans les pays concernés.

Nous estimons pour cela nécessaire de renforcer la capacité institutionnelle des États subsahariens et l’aptitude à conduire des transformations, facteur déterminant du développement à long terme. Dans ce cadre, les acteurs de l’aide au développement sont conviés à s’insérer dans les stratégies nationales et à rechercher systématiquement une harmonisation (Azoulay 2011), à se conformer aux modalités de contrôle et de suivi du pays pour évaluer les objectifs et les résultats d’un programme national.

Il apparaît également nécessaire que les acteurs académiques et techniques des pays européens, universités et bureaux d’études en particulier,

  1. S’engagent avec leurs partenaires du G5 Sahel dans un vaste programme de coopération scientifique entre universités et organismes de recherche concernés,
  2. Proposent des parcours d’enseignement supérieur pour toutes les matières concernées en accueillant notamment des étudiants au niveau Master et des doctorantes et doctorants originaires des pays du G5 Sahel,
  3. Mettent en place des dispositifs de formation continue,
  4. Lancent un vaste chantier prospectif sur la question des ressources et de l’exploitation de l’eau au Sahel.

 

L’évolution des compétences, le niveau des connaissances transmis, la qualité des cursus de formation mis à disposition et effectués, le nombre de personnes formées, constitueraient des indicateurs privilégiés de ces programmes. L’expérience montre en effet que l’appropriation est toujours difficile avec une approche projet, même lorsque le projet est élaboré au plus près des bénéficiaires (on se référera aux très nombreux projets WASH portés par des ONG et mis en place sans l’intervention des institutions locales).

L’appropriation des solutions et des infrastructures, et la durabilité qui y est associée, sont en effet intimement liées aux sentiments d’appartenance nationale et d’indépendance technique et financière, d’où l’impérieuse nécessité de renforcer et de mieux valoriser la coopération universitaire dans le secteur de l’eau, et de trouver pour cela les sources ad hoc de financement.