Innover en matière de financement

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Innover en matière de financement

Innover en matière de financement

Si la cohérence de l’approche portée par MW4S a séduit le jury de la première édition du Forum pour la Paix de Paris en novembre 2018, notamment grâce à sa capacité à orchestrer les actions conduites dans les différents domaines ciblés et sur tous les horizons de temps, mais également par la pertinence du constat et la rigueur des analyses, le temps est maintenant venu de porter des projets, de prouver que la science, dûment appliquée, est effectivement source de progrès pour les populations concernées.

Nous nous attachons pour cela à passer les différents projets au tamis de cinq critères clefs :

  1.  la multidisciplinarité des équipes projets (les réponses à apporter nécessitent-elles une mise en commun coordonnée d’expertises multiples et de savoir-faire divers, et de facto la mise en place d’approches collectives ?),
  2.  le degré d’innovation requis pour réussir (est-il pertinent d’innover ou pas dans les réponses ?) ,
  3. leur durabilité (est-ce que les actions en cours ou envisagées s’inscrivent dans la durée ?) ;
  4. leur impact à court, moyen et long termes (les actions envisagées contribueront-elles, pour les populations les plus exposées, à une amélioration effective du niveau d’eau accessible ?) ;
  5. la faisabilité des projets (l’eau souterraine est-elle disponible dans la durée, est-elle mobilisable et à quel coût ? Existe t’il ou pas des sources de financement au niveau local et international?).

Cette dernière question est essentielle. Les réponses apportées conditionnent de facto l’évolution de la grande question de l’accès à l’eau au Sahel au cours des prochaines décennies.

Elles nous obligent à réfléchir à des montages dit hybrides incluant notamment des méthodes de financement innovantes. Car là encore, les cloisonnements existants peuvent condamner les approches pluridisciplinaires, que nous sommes pourtant nombreux à souhaiter.

En tout état de cause, les acteurs du développement, les acteurs scientifiques, et les acteurs financiers devraient maintenant, en impliquant les acteurs de la sécurité, se rapprocher, avec pour objectif de recenser les méthodes de financement innovantes et d’étudier les conditions de leur mise en place.

Il pourrait être envisagé, par exemple, d’aller vers une forme de microfinance adaptée au contexte sahélien, s’appuyant sur une ligne de crédit dédiée « eau », soutenue par une institution financière internationale pour financer des investissements domestiques « eau et assainissement » au niveau des foyers.

Il apparaît tout aussi pertinent de pouvoir faire allouer par des institutions financières internationales des prêts directement aux collectivités locales/régionales pour des projets donnés, voire à d’autres structures implantées sur la zone (comme par exemple les banques commerciales), en tant que de besoin, en évitant les tutelles des gouvernements centraux et contournant les blocages et autres freins identifiés.

C’est pourquoi les auteurs entendent conduire, sous le label MW4S notamment, des actions d’influence vis à vis des organismes et structures en charge de concevoir les appels d’offres et les projets tant au niveau local (ministères, agences nationales de l’eau, etc.) qu’au niveau des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.

Le contexte semble d’ailleurs favorable [1] au niveau de l’Union européenne et des États Membres.

C’est en faisant évoluer aussi les façons de faire en matière de financement, que les acteurs concernés pourront être progressivement guidés vers des approches plus intégrées et mieux adaptées au contexte exigeant et complexe du Sahel, et de facto plus performantes, quant à la quantité et à la qualité de l’eau mise à disposition des populations.

 

 

[1]

 Voir la Communication datée du 19 novembre 2018 avec la réf. : 13991/18 du Conseil de l’Union européenne intitulée « Diplomatie climatique » : http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-13991-2018-INIT/fr/pdf