Le mot du Fondateur

Emmanuel DE ROMEMONTDiplômé de l’Ecole de l’Air (79), de l’IEP de Strasbourg, de l’Ecole de guerre aérienne aux Etats-Unis et du collège de l’OTAN, ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale et du Centre des Hautes Etudes Militaires, j’ai occupé différentes fonctions de commandement au sein de l’armée de l’Air, de la Délégation aux affaires stratégiques (chef du bureau Otan et Amérique du Nord) et en interarmées. J’ai terminé cette carrière de 36 années au service de la République ), à la tête de l’ état-major en charge de la planification des opérations interarmées.

Agissant pendant toutes ces années comme un guerrier de la paix, c’est avec la volonté de « ne pas subir » que je me suis engagé sur le sujet de l’eau. Comme bien d’autres frères d’armes, j’ai été le témoin des turbulences de notre monde, de crises ayant souvent pour racine des insuffisances en matière d’eau et d’éducation. J’ai notamment pu observer que le manque d’eau, réalité bien criante au Sahel et qui l’est de plus en plus d’ailleurs, se combine trop souvent avec trois mots clefs fragilité, insécurité et déficit de la gouvernance.

J’ai pu noter aussi que l’écosystème « eau » souffre de fait d’une double inadéquation, celle qui caractérise une demande mal exprimée et des solutions  mal formulées et peu adaptées. Les populations les plus exposées à ce manque d’eau souffrent en effet de ce paradoxe décrit par Khatim KHERRAZ , Secrétaire Exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel dans une étude en (2010 et 2016) sur les Systèmes Aquifères d’Iullemeden, de Taoudéni/ Tanezrouft : « Le véritable paradoxe de la région, c’est que, bien que disposant d’un fort potentiel en eau, elle n’en exploite qu’une très faible part, ne permettant de ce fait qu’un niveau de satisfaction des besoins encore très faible »,

C’est avec tout cela en tête que j’ai repris le chemin des études et de la recherche en suivant en 2017 et 2018 un enseignement centré sur les questions d’hydrogéologie au sein des Universités Pierre et Marie Curie (Paris 6/ Master Hydrologie-Hydrogéologie) et Paris Diderot (Paris 7/ Master Géophysique de surface et sub-surface/ Aquifères et Environnement) avec l’envie de mieux comprendre ce domaine complexe de l’eau qui mêle tant de disciplines, d’appréhender les logiques qui le caractérise, le désir de discerner les tendances profondes qui s’en dégagent pour reprendre l’ expression de l’ historien Pierre Renouvin.

Je suis sorti de ce parcours avec la certitude que la science pouvait être source de progrès, qu’elle pouvait apporter une contribution déterminante dans ce domaine, avec la conviction que quelque chose pouvait être tenté, devait être tenté, d’autant plus qu’il semble pour beaucoup d’acteurs engagés sur ces sujets, possible de mieux combiner les actions, de penser et d’agir dans une logique d’intelligence opérative, c’est-à-dire sous la contrainte de la mise en œuvre et avec l’exigence de résultats tangibles.

 

C’est cette opportunité que nous proposons de saisir. Si la démarche apparait ambitieuse et exige des efforts importants en matière de coordination et d’interconnexion, tout cela n’est rien face aux enjeux, face à une situation qui se détériore jour après jour et sur laquelle nous pouvons toutefois agir. Puisse en tout cas l’avenir hériter des interactions, des fertilisations croisées, des choix également que cette initiative/ plaidoyer aura peut-être suscités.

Profil Linked In