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« Faut-il attendre d’être vaincu pour changer ? »

Proverbe dogon.

De nombreuses parties du Sahel sont confrontées à ce paradoxe que décrit Kherraz (OSS 2017), Secrétaire Exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, dans une étude conduite entre 2010 et 2016 sur les Systèmes Aquifères d’Iullemeden, de Taoudéni/ Tanezrouft : « Le véritable paradoxe de la région, c’est que, bien que disposant d’un fort potentiel en eau, elle n’en exploite qu’une très faible part, ne permettant de ce fait qu’un niveau de satisfaction des besoins encore très faible ».

Alors que faire ?

Que pouvons-nous proposer pour sortir de ce paradoxe ?

Que faire pour que soient respectés les minima (plus de 20 litres d’eau accessibles par personne et par jour) définis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ?

Comment atteindre, dans tout le Sahel, les Objectifs de Développement Durable (ODD) ?

Quels changements mettre en place ?

Quelles actions devons-nous conduire pour cela ?

Questions d’autant plus pertinentes que de nombreux indices laissent présager une baisse de la ressource disponible et, notamment, une diminution de la recharge des nappes liée à la forte diminution des zones de végétation naturelle, zones remplacées par des cultures et des sols nus, dont la capacité au ruissellement est supérieure (Mahé et al 2010).

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) note ainsi que, sur la zone sahélienne, l’impact du changement climatique devrait se traduire par une diminution de la recharge des aquifères de 10 à 20%, du fait d’écoulements plus abondants, liés à une plus forte intensité et plus faible fréquence des épisodes pluvieux (Bates et al. 2008).

La dégradation des conditions environnementales et d’accès à l’eau ne pourra que fragiliser les populations et aggraver les tensions.

C’est d’ailleurs le risque que met en avant le Panel Mondial de Haut Niveau sur l’Eau et la Paix, dans son rapport publié en 2017 et soutenu par le Geneva Water Hub.

Les violences ethniques qu’ont connues ces derniers mois le Burkina Faso et l’Ouest malien en sont l’illustration.

Force est d’observer que cette violence reste donc un élément marquant du contexte sahélien et que l’évolution de l’écosystème « eau » au Sahel doit maintenant très clairement prendre en compte cette dimension.

Autant de questions qu’il convient de poser en des termes nouveaux, tant les réponses apportées jusqu’à maintenant au problème de l’accès à l’eau au Sahel sont loin d’être satisfaisantes.

C’est pour répondre progressivement et dans la durée à tous ces objectifs que l’approche proposée par MW4S  a choisi d’inscrire son action dans le temps long et de travailler, en lien avec les pays de la zone Sahélienne, à l’établissement d’un réseau particulièrement large et capable d’apporter une plus-value dans tous les domaines essentiels.