Accéder et gérer les ressources en eau souterraine au Sahel : L’approche innovante proposée par l’Initiative Plus d’Eau pour le Sahel

Fondée en avril 2018 par Emmanuel de Romémont avec le soutien d’experts et de personnalités reconnues, l’Initiative Plus d’eau pour le Sahel apporte une réponse nouvelle, prometteuse et porteuse d’espoir, à la problématique de l’accès à l’eau dans la zone sahélienne, notamment par sa capacité de combiner plusieurs niveaux d’intervention (politico-stratégique, international, régional et local, etc.) et de travailler à plusieurs échelles (spatiale et temporelle en particulier).

L’accès aux ressources naturelles et plus particulièrement à l’eau est une source importante de tensions et de conflits dans la région du Sahel. En outre, les ressources en eaux souterraines (au Sahel, la plus grande partie des ressources en eau sont souterraines) devraient diminuer au cours de la prochaine décennie en raison du changement climatique. Par conséquent, davantage de personnes risquent d’être exposées à la pénurie d’eau, aux effets contagieux d’une spirale négative qui voit les facteurs instabilité, insécurité, radicalisation, trafic et contrebande, terrorisme et migrations (internes et à destination de l’Europe) interagir entre eux.

MW4S plaide pour une approche plus inclusive et ouverte de l’accès à l’eau, d’ailleurs détaillée dans l’article publié dans la revue Géologues (joint à ce document) dont l’idée centrale se formule ainsi : la science est source de progrès et peut, même à distance, apporter une contribution déterminante en matière de connaissance et de gestion des ressources en eau souterraine. Corollaire : il faut aujourd’hui penser différemment la conception, la coordination (amont notamment) et plus généralement la gouvernance des projets eau (d’où la notion d’équipes zone projet restreintes mais capables de jouer un vrai rôle d’architectes intégrateur sur ces sujets). Sur un plan plus politique, prenant donc acte que des solutions existent, l’argument défendu est que l’intérêt accru pour les eaux souterraines doit, pour les pays du G5 Sahel, l’UE et ses États membres ainsi que les autres acteurs internationaux clés se traduire en priorités claires et en projets pouvant porter des changements concrets dans cette région sensible et des contreparties sur le plan politique.

Sur la base de notre analyse, il existe en effet un besoin évident :

  • de développer des approches multidisciplinaires,
  • d’intégrer des profils de compétences multiples et de haut niveau,
  • de promouvoir une dynamique de changement et de décloisonnement dans l’identification et la gestion des ressources en eau au Sahel,
  • de faciliter la convergence des savoirs dans ce domaine et leur appropriation par les acteurs nationaux.

C’est pourquoi, nous estimons que les actions à mener dans la zone sahélienne devraient reposer sur des synergies permanentes au sein de trois composantes clés complémentaires : Connaissance, Éducation et Gouvernance, qu’elles doivent viser à garantir la primauté des analyses scientifiques et s’inscrire dans une logique de développement durable.

L’approche MW4S peut être résumée par les éléments suivants :

  • ✓  Un art de planifier et de coordonner toutes les actions pertinentes, tel que mis en lumière lors du Forum de la paix de Paris 2018.
  • ✓  Une convergence réalisée de fait en intégrant toutes les actions envisagées dans le cadre « d’Opérations Paix et Eau » (« Water Peace Operations ») combinant les dimensions planification et mise en œuvre.
  • ✓  Une méthodologie spécifique fondée sur une analyse précise de spots critiques (zones d’environ 5000 à 10 000 km2 caractérisées par des quantités d’eau à 1 disposition insuffisantes), conduite sous la direction des autorités locales compétentes en la matière.
  • ✓  Une mise en œuvre structurée sur le terrain dans le cadre de zones-projet » (couvrant entre 10 000 et 500 000 km2).

✓  L’investissement et la mise en valeur prouvée dans un nouveau métier qui n’était pas exercé jusqu’à maintenant : la coordination et l’intégration des projets eau.

Cet effort de connaissance partagée, parce que fondé sur l’exigence de vérité scientifique et inscrit dans la durée, offre, en particulier dans les zones les plus arides et les moins sécurisées du Sahel, des perspectives nouvelles en termes d’amélioration des conditions de vie des populations, de développement agricole et plus généralement économique. Il permettra l’appropriation de tous ces sujets par les pays concernés. C’est la raison pour laquelle nous mettons fortement l’accent sur la composante « Éducation« .

En orchestrant les actions menées dans les différentes zones ciblées et à tous les horizons, l’action de MW4S permet de mettre la science au service des institutions locales et des populations les plus exposées et de contribuer à la stabilité et à la sécurité des zones concernées, ouvrant la voie à une réduction graduelle des financements liés aux considérations de sécurité et de protection des frontières au bénéfice des programmes de développement.

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